PIERRE FORTIN, UNE DÉMARCHE

La photographie est un mode d’appréhension du réel. Par le biais de son appareil, le photographe regarde, scrute, et saisit ce qu’il voit. Sa vision trahit son regard et le distingue aussi clairement qu’une signature. Chaque photographie est une histoire en soi, une narration mettant l’accent sur la description, faisant parler les formes et les couleurs.

Plusieurs des photographies présentées ici sont le résultat de randonnées dans les rues de Montréal. Ce sont des images qui n’ont pas reçu plus de manipulation que ce qu’un photographe fait normalement en chambre noire : ajuster le contraste, la luminosité et la densité des couleurs, corriger les parallaxes et les erreurs de perspective.

Ce parti-pris méthodologique exploite un aspect de l’imagerie qui met l’accent sur la dimension photographique de l’art numérique. La technologie contemporaine permet de prendre en main la production d’images en couleur et de contrôler leur rendu. L’appareil numérique m’a permis d’arpenter les rues et les ruelles à la recherche des oeuvres qui se cachaient partout et qu’il suffisait de débusquer et de saisir : des textures intéressantes, des couleurs vibrantes, des détails qui revêtent une dimension esthétique. Les humains n’échappent pas à cette observation et offrent eux aussi, des images saisissantes, intrigantes et parfois étranges. Que ce soit un individu assis dans ce qui semble être une barque d’ombre, ou des plaques de métal rouillées et frottées par des linges humides, tout devient matière à impression.

La photographie numérique exige un traitement complémentaire fourni par le logiciel Photoshop. Certaines images ont été « construites » à l’aide de ce logiciel. Ces photomontages utilisent des photographies numériques et servent à la fabrication d’œuvres originales, proches de la peinture, du collage et de la gravure.
Ma démarche n’est pas exclusive. Quarante années à vivre dans les textes et les livres m’ont immanquablement formé. L’enseignement de la littérature, la passion de la lecture, le souci de l’analyse textuelle m’ont permis de développer une production romanesque (Le Marcheur, l’Homme qui n’avait pas de table (Québec-Amérique) et le prochain Le Rôdeur de la Paramount). J’ai aussi collaboré avec d’autres écrivains à complémenter leur propres recueils avec des couvertures de livres (Un visage pour commencer, Lancers Légers, Elle était belle comme une idée, Obscènes de Normand de Bellefeuille et des contributions artistiques dans Obscènes, du même auteur, ou Machines Imaginaires de Marcel Labine, une contribution image-texte dans le numéro spécial Autoportrait dans la Nouvelle Barre du Jour et, tout récemment, une collaboration avec Gabriel Landry dans la production d’une série de trente-huit photo-montages accompagnant 38 textes poétiques tirés de L’Oeil au calendrier. En 2007-9, j’ai produit un livre d’art avec Pierre K. Malouf où cinquante-cinq de mes photomontages accompagnaient cinquante-quatre de ses courtes nouvelles de sept à dix lignes. Le livre d’art s’intitule Mosaïque et a été publié en 2009.

 

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